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Sustenhorn avec prolongation imprévue (course Sustenhorn du 2 au 4 avril 2010) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Patrick Spruyt   
26-04-2010

Toute l’équipe se réunit au Café de la gare à Meiringen. Les onze participants sont en pleine forme et se réjouissent sur cette magnifique journée. Depuis le chef-lieu du Haslital nous prenons la route en direction de Innertkirchen et Gadmen, peu après le village, la route est fermée. C’est depuis ici que nous chaussons les skis et attaquons la montée vers l’hôtel Steingletscher où nous faisons le premier arrêt, ceci sous un soleil radieux. La montée sérieuse commence après, d’abord sur la moraine et après sur le glacier. Au milieu de l’après-midi, nous arrivons à la cabane de Tierbergli. Évidemment, le refuge est occupé jusqu’à la dernière place. Après le dîner, les discussions se lancent sur les prévisions de la météo et l’heure de réveil. Espérons que le samedi 3 avril sera aussi beau que ce Vendredi Saint ça sera le pied !

Après une longue nuit en cabane, nous prenons notre petit-déjeuner à 07h30. Les premiers regards en dehors annoncent une belle matinée ensoleillée mais avec un foehn fort et irrégulier. Au petit-déjeuner, Ernest se montre en pleine forme et enthousiaste pour cette course, qui promet de magnifiques descentes au milieu d’un environnement d’excellence. Tous les participants arrivent doucement dans le réfectoire. Jacques nous rappelle l’horaire de départ qui est fixé à 08.00 h - skis chaussé et prêt pour le départ. Voilà, il faut encore faire les dernièrs préparatifs et surtout coller les peaux dans un endroit protégé du vent. A l’heure de départ, la majorité du groupe est prête à l’exception de Jean-Claude qui a des problèmes avec sa toute nouvelle fixation de compétition « dynafit ».

Visiblement celle-ci n’a pas bien supporté le froid glacial de la nuit. Finalement on part à 08.15 h de la cabane. Au début nous faisons la traversée du glacier comme échauffement des muscles. Par la suite nous attaquons la montée, par endroits assez raide mais sans grandes exigences techniques. Cette ascension s’avère très longue et assez dure avec le froid et le foehn de plus en plus fort. En direction sud, il y a des nuages qui montent et bouchonnent dans le ciel. Patrick, Marcel et François avancent vite et arrivent au sommet dans le brouillard, hélas pour le panorama, on voit juste la croix avec la neige givrée. Sans perdre de temps, on enlève les peaux pour descendre le plus vite possible. Le reste du groupe avance doucement. Anne et Urs ont décidé de descendre, car les conditions de météo se montrent de plus en plus difficiles. De toute manière Urs est équipé d’un GPS et connaît très bien cette région.

Le reste du groupe se rejoint peu en dessous du sommet. Jacques exhorte l’équipe à descendre ensemble à cause de la visibilité réduite et les fortes rafales de vent. Les conditions arctiques nous empêchent de nous éclater sur les magnifiques pentes du Sustenhorn. On pourrait croire que la montagne est en colère… Le groupe avance doucement. Arrivée sur le premier replat Jacques cherche l’entrée de la descente entre les séracs vers l’hôtel Steingletscher. Avec ce vent, le brouillard et la neige, il est impossible de voir d’autres traces et de s’orienter sans points de repaire – c’est trop risqué, nous sommes sur un glacier avec plein de crevasses. Après une deuxième tentative Jacques décide de retourner dans la cabane Tierbergli. Il téléphone à Urs pour demander s’ils sont déjà arrivés à l’hôtel Steingletscher, qui est le cas. Par la suite il avise la cabane que nous retournons et que nous cherchons un itinéraire, une tâche pas facile avec cette visibilité, les rafales de vent, la topographie et le froid. C’est un réel défi. Le gardien Heiri Büchler conseil de descendre environ 200 m et de reprendre contact avec lui. Arrivée à 2'700 m nous voyons juste quelques séracs et un flanc du Gwächtenhorn. Jacques téléphone à nouveau, le gardien lui dit qu’il envoie deux personnes pour venir nous chercher. Petit à petit nous avons froid et une certaine inquiétude s’installe. Nous descendons encore une fois environ 100 m et heureusement nous arrivons à deviner la cabane Tierbergli. Quel soulagement – il ne faudra pas passer la nuit dans un iglou emballé dans une couverture de survie côte à côte. Au même moment, nous voyons également les deux guides de montagne qui arrivent pour nous ramener au refuge. En effet nous étions seulement à un kilomètre de distance. Les neuf personnes restantes sont toutes contentes de pouvoir rester une deuxième nuit en cabane et de descendre dimanche matin. Malgré le foehn tempétueux, nous nous sentons très bien protégés derrière ces grands murs qui nous entourent. Hélas les toilettes intérieures sont en panne et il faut se rendre dehors et emprunter un petit sentier creusé dans la neige pour arriver aux WC. C’est comme une petite expédition dans l’enfer. Bien entendu tous les hôtes calculent très bien les boissons pour réduire ces sorties « pipi » périlleuses.

Le soir nous nous régalons avec un excellent souper. La question se pose comment on pourra descendre le dimanche matin sans être équipé avec d’un GPS, car la sortie sur le glacier n’est pas facile à trouver. Heureusement il y a encore un groupe de raquetteurs accompagné d’un guide qui descendra également. Le guide propose que nous le suivions. La deuxième nuit se passe très bien. Le matin, la météo est toujours bouchée avec la différence qu’il neige très fort. Vers 08.30 h, nous nous préparons pour la descente. Quel gâchis de devoir descendre en chasse neige – à la montée nous avons déjà rêvé d’une inoubliable descente et que nous pourrions faire la dentelle dans la poudreuse. Vu les circonstances, nous sommes heureux de piétiner derrière les raquetteurs. Vers midi nous arrivons à l‘hôtel Steingletscher et retrouvons Anne en bonne forme. Nous profitons des lieux et faisons un arrêt lunch. Le dernier bout sur la route du col de Susten est facile et reposant malgré une neige collante de printemps. Conclusion, toute l’équipe arrive à bon port aux voitures. Nos esprits se sont chargés avec un souvenir de montagne, qui est riche en imprévus et marquant en force de la nature. Un grand MERCI à notre chef de course Jacques Troxler, qui a gardé son sang froid et a pris les bonnes décisions dans des circonstances difficiles. Nous sommes très reconnaissants que cette fois la montagne nous ait laissée descendre par nos propres forces ! Les participants, Jacques chef de course, Sybille, Anne Girardet, Anne Manuel, Ernest, Jean-Claude, Marcel, Patrick, François, Urs et Elsbeth – rédactrice du rapport.

Prangins, le 13 avril 2010 / Elsbeth Koehli

Dernière mise à jour : ( 26-04-2010 )
 
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