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Toute l’équipe se réunit au Café
de la gare à Meiringen. Les onze participants sont en pleine forme
et se réjouissent sur cette magnifique journée. Depuis le chef-lieu
du Haslital nous prenons la route en direction de Innertkirchen et
Gadmen, peu après le village, la route est fermée. C’est depuis
ici que nous chaussons les skis et attaquons la montée vers l’hôtel
Steingletscher où nous faisons le premier arrêt, ceci sous un
soleil radieux. La montée sérieuse commence après, d’abord sur
la moraine et après sur le glacier. Au milieu de l’après-midi,
nous arrivons à la cabane de Tierbergli. Évidemment, le refuge est
occupé jusqu’à la dernière place. Après le dîner, les
discussions se lancent sur les prévisions de la météo et l’heure
de réveil. Espérons que le samedi 3 avril sera aussi beau que ce
Vendredi Saint ça sera le pied !
Après une longue nuit en cabane, nous
prenons notre petit-déjeuner à 07h30. Les premiers regards en
dehors annoncent une belle matinée ensoleillée mais avec un foehn
fort et irrégulier. Au petit-déjeuner, Ernest se montre en pleine
forme et enthousiaste pour cette course, qui promet de magnifiques
descentes au milieu d’un environnement d’excellence. Tous les
participants arrivent doucement dans le réfectoire. Jacques nous
rappelle l’horaire de départ qui est fixé à 08.00 h - skis
chaussé et prêt pour le départ. Voilà, il faut encore faire les
dernièrs préparatifs et surtout coller les peaux dans un endroit
protégé du vent. A l’heure de départ, la majorité du groupe est
prête à l’exception de Jean-Claude qui a des problèmes avec sa
toute nouvelle fixation de compétition « dynafit ».
Visiblement celle-ci n’a pas bien
supporté le froid glacial de la nuit. Finalement on part à 08.15 h
de la cabane. Au début nous faisons la traversée du glacier comme
échauffement des muscles. Par la suite nous attaquons la montée,
par endroits assez raide mais sans grandes exigences techniques.
Cette ascension s’avère très longue et assez dure avec le froid
et le foehn de plus en plus fort. En direction sud, il y a des nuages
qui montent et bouchonnent dans le ciel. Patrick, Marcel et François
avancent vite et arrivent au sommet dans le brouillard, hélas pour
le panorama, on voit juste la croix avec la neige givrée. Sans
perdre de temps, on enlève les peaux pour descendre le plus vite
possible. Le reste du groupe avance doucement. Anne et Urs ont décidé
de descendre, car les conditions de météo se montrent de plus en
plus difficiles. De toute manière Urs est équipé d’un GPS et
connaît très bien cette région.
Le reste du groupe se rejoint peu en
dessous du sommet. Jacques exhorte l’équipe à descendre ensemble
à cause de la visibilité réduite et les fortes rafales de vent.
Les conditions arctiques nous empêchent de nous éclater sur les
magnifiques pentes du Sustenhorn. On pourrait croire que la montagne
est en colère… Le groupe avance doucement. Arrivée sur le premier
replat Jacques cherche l’entrée de la descente entre les séracs
vers l’hôtel Steingletscher. Avec ce vent, le brouillard et la
neige, il est impossible de voir d’autres traces et de s’orienter
sans points de repaire – c’est trop risqué, nous sommes sur un
glacier avec plein de crevasses. Après une deuxième tentative
Jacques décide de retourner dans la cabane Tierbergli. Il téléphone
à Urs pour demander s’ils sont déjà arrivés à l’hôtel
Steingletscher, qui est le cas. Par la suite il avise la cabane que
nous retournons et que nous cherchons un itinéraire, une tâche pas
facile avec cette visibilité, les rafales de vent, la topographie et
le froid. C’est un réel défi. Le gardien Heiri Büchler conseil
de descendre environ 200 m et de reprendre contact avec lui. Arrivée
à 2'700 m nous voyons juste quelques séracs et un flanc du
Gwächtenhorn. Jacques téléphone à nouveau, le gardien lui dit
qu’il envoie deux personnes pour venir nous chercher. Petit à
petit nous avons froid et une certaine inquiétude s’installe. Nous
descendons encore une fois environ 100 m et heureusement nous
arrivons à deviner la cabane Tierbergli. Quel soulagement – il ne
faudra pas passer la nuit dans un iglou emballé dans une couverture
de survie côte à côte. Au même moment, nous voyons également les
deux guides de montagne qui arrivent pour nous ramener au refuge. En
effet nous étions seulement à un kilomètre de distance. Les neuf
personnes restantes sont toutes contentes de pouvoir rester une
deuxième nuit en cabane et de descendre dimanche matin. Malgré le
foehn tempétueux, nous nous sentons très bien protégés derrière
ces grands murs qui nous entourent. Hélas les toilettes intérieures
sont en panne et il faut se rendre dehors et emprunter un petit
sentier creusé dans la neige pour arriver aux WC. C’est comme une
petite expédition dans l’enfer. Bien entendu tous les hôtes
calculent très bien les boissons pour réduire ces sorties « pipi »
périlleuses.
Le soir nous nous régalons avec un
excellent souper. La question se pose comment on pourra descendre le
dimanche matin sans être équipé avec d’un GPS, car la sortie sur
le glacier n’est pas facile à trouver. Heureusement il y a encore
un groupe de raquetteurs accompagné d’un guide qui descendra
également. Le guide propose que nous le suivions. La deuxième nuit
se passe très bien. Le matin, la météo est toujours bouchée avec
la différence qu’il neige très fort. Vers 08.30 h, nous nous
préparons pour la descente. Quel gâchis de devoir descendre en
chasse neige – à la montée nous avons déjà rêvé d’une
inoubliable descente et que nous pourrions faire la dentelle dans la
poudreuse. Vu les circonstances, nous sommes heureux de piétiner
derrière les raquetteurs. Vers midi nous arrivons à l‘hôtel
Steingletscher et retrouvons Anne en bonne forme. Nous profitons des
lieux et faisons un arrêt lunch. Le dernier bout sur la route du col
de Susten est facile et reposant malgré une neige collante de
printemps. Conclusion, toute l’équipe arrive à bon port aux
voitures. Nos esprits se sont chargés avec un souvenir de montagne,
qui est riche en imprévus et marquant en force de la nature. Un
grand MERCI à notre chef de course Jacques Troxler, qui a gardé son
sang froid et a pris les bonnes décisions dans des circonstances
difficiles. Nous sommes très reconnaissants que cette fois la
montagne nous ait laissée descendre par nos propres forces !
Les participants, Jacques chef de course, Sybille, Anne Girardet,
Anne Manuel, Ernest, Jean-Claude, Marcel, Patrick, François, Urs et
Elsbeth – rédactrice du rapport.
Prangins, le 13 avril 2010 / Elsbeth
Koehli
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