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C’est
par un magnifique samedi ensoleillé, sans un nuage dans le ciel,
même pas une traînée d’avion (merci l’Eyjafjallajökull !),
que nous – 10 joyeux « Dôliens et Dôliennes » - se
somment retrouvés pour un p’tit café à Martigny avant d’attaquer
la rude montée qui devait nous emmener de Bourg St-Pierre (1664 m) à
la cabane Vélan (2642 m). Les premiers kilomètres ressemblaient à
un tel gymkhana que les paroles - revisitées - de la chanson « A
Bicyclette » d’Yves Montand se mirent à trotter dans ma
tête :
♫ ♫ ♪
Quand
on partait de bon matin
Quand
on partait sur les chemins
Les
skis sur l’ dos
Nous
étions quelques bons copains
Y
avait Louis, y avait Christian
Y
avait François, Marie, Nadia
Et
puis Elsbeth
La
montagne on est amoureux d’elle
On
se sentait pousser des ailes
Les
skis sur l’ dos
Sur
les petits chemins de terre
On
a souvent vécu l’enfer
Avant
de mettre les skis par
terre
N’est-ce
pas Elsbeth ?
Faut
dire qu’on y mettait du cœur
C’était
notre dernière course pour l’heure
A
skis d’ rando
Et
depuis le début de saison
Nous
avions fait en les suivants
Tous
les sommets environnants
A
skis d’ rando
Quand
on approchait la rivière
On
déposait à côté des pierres
Nos
skis d’ rando
Une
fois
nos pique-niques mangés
On
s’est retrouvé tout requinqué
Pour
attaquer gaillardement
Le
mur d’la cabane Vélan…
La
dernière pente raide menant au
refuge bouleversa mon humeur chantante, les sabots collants sous mes
peaux me ramenant les pieds sur terre (ou plutôt dans la neige).
En
dépit de
notre gymkhana initial, tout le monde arriva sains et sauf, même
Elsbeth ;-)
Après
une nuit passée
dans la belle et originale cabane du Vélan, aux lits certes un peu
étroits, nous sommes repartis « sur
les chemins »
menant au Mont Vélan, les skis aux pieds. Il était encore trop tôt
pour qu’une mélodie trotte dans ma tête. De plus, le ciel n’était
pas vraiment avec nous en ce dimanche matin, une fine couche de
poudreuse s’étant même gracieusement déposée sur les anciennes
traces. Le réveil musculaire n’était toutefois pas trop brutal,
la pente s’élevant gentiment jusqu’à la première difficulté
du jour : le col de la Gouille. Et hop, nous avons enfilé nos
crampons, remis les skis sur le dos, attrapé nos piolets et nous
sommes attaqués à ce passage délicat. Un premier pas sur le rocher
avec nos chaussures de ski et nos gros sacs lourds a fini de nous
réveiller, mais heureusement une chaîne était, parfois là, pour
nous rassurer. Au col, la vue est magnifique : le glacier de
Valsorey et son paysage extraordinaire s’offrent à nous, plein de
crevasses et de séracs avec le Grand Combin pour seul témoin.
Après
la redescente du col, nous avons remis nos skis (eh oui, de temps en
temps il y avait
quand même de l’or blanc…) afin de continuer notre petit
bonhomme de chemin sur les pentes et replats menant au sommet.
Malheureusement la météo avait décidé de nous jouer un mauvais
tour : outre le brouillard montant de la vallée, de gros nuages
s’amoncelaient au-dessus de nos têtes, ou était-ce simplement les
cendres d’un imprononçable volcan islandais ? Nous nous sommes
retrouvés dans une vraie purée de pois, ne devinant même plus le
sommet. Pourtant le Mont Vélan n’était pas loin, à peine
70 mètres au-dessus de nos têtes. Devant la fatigue de
l’effort et l’incertitude liée au temps, nous avons préféré
en rester-là. Nous avons rangé nos peaux, resserré nos chaussures
et commencé la descente tant bien que mal, au radar ! Par
chance, le ciel s’est soudain dégagé et nous avons pu bénéficier
d’une éclaircie qui a daigné nous accompagner tout le retour.
Nous avons pu profiter pleinement du magnifique couloir avec un
passage à 40° sur 200 m dans une neige poudreuse à souhait, un
vrai régal – et dire qu’on est le 18 avril... Encore quelques
derniers virages dans une neige juste revenue comme il faut et nous
revoilà « déjà » sur le parcours du gymkhana de
l’aller. Pas trop enclins à enlever et remettre nos lattes tous
les 100 mètres, nous avons décidé de rentrer par le sentier d’été,
les skis sur le dos…
Voilà,
pour la plupart d’entre-nous, il s’agissait de notre dernière
rando de la saison et j’en garderai personnellement un excellent
souvenir. Même
si nous n’avons pas atteint le sommet, ce fut une course
magnifique, variée, dans un paysage grandiose et il ne peut trotter
qu’une chanson dans ma tête : « La montagne » du
regretté Jean Ferrat :
♫ ♫ ♪
Pourtant
que la montagne est belle
Comment
peut-on imaginer
En
voyant des
marmottes rebelles
Que
l’hiver
vient de s’en aller…
Un
grand merci à Frank pour sa première réussie
en tant que Chef, à Christian pour la vaisselle, et à tous les
participant(e)s : Elsbeth, Marie, Nadia, François, Louis,
Michel, Patrick. Grâce à vous, un grand sourire m’a accompagnée
tout le week-end me faisant oublier mes douleurs… Vivement l’hiver
prochain !
Odile
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