Accueil ---- Section ---- Jeunesse ---- Jeudistes
Section
Page principale
Programme
Escalade du mardi/jeudi
Photos
Photos avant automne 2007
- - - - - - -
Alpfam
Pigne d'Arolla (3796 m), 10-11 avril 2010 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Patrick Spruyt   
16-04-2010

Ohlalah !Arolla !


Comme le soulignait Annie devant l’hôtel Kurhaus en me voyant me démener avec ce « fichu » piolet que j’essayais sans aucune logique d’accrocher sur mon sac à dos : «  pour toi, ce week-end est un peu celui des « premières fois » !!! »

 

En effet, c’est mon premier week-end avec la section la Dôle, ma première fois avec piolet, crampons, baudrier, ma première descente en échelle du Pas de Chèvre avec un sac d’une tonne au moins (non je n’exagère pas), ma première rando à ski sur un glacier et ma première nuit dans une cabane où il y a une centaine de personnes pour deux toilettes seulement.

Et comme vous pouvez le constater, le groupe, dans un élan de solidarité, m’a proposé sans arrière-pensée d’écrire mon PREMIER compte-rendu de randonnée.


Il est 7h30 Crans-Montana s’éveille. Alors que les cantonniers ramassent les poubelles de la veille, je monte dans le car avec les premiers rayons du soleil. Sierre, Sion, les Haudères et je retrouve le groupe au restaurant de la Cordée. Timidement je m’approche, je me présente, on m’offre un croissant, je prends un café : ouf ! Ils ne m’ont pas mangée. Je crois que je commence à être rassurée. Rapidement nous montons dans les voitures en direction d’Arolla. Avec cette météo favorable beaucoup de randonneurs se préparent, heureusement que Pierre et Annie connaissent bien la région. Nous avons ainsi pu trouver un parking avec encore des places libres. Avant de chausser les skis, me voilà confrontée à un problème cornélien. Où vais-je bien pouvoir mettre ces crampons, ce baudrier et ce piolet si gentiment prêtés ? Et d’abord comment ça se met un piolet sur un sac ? Très vite je bénéficie de la solidarité et de la bienveillance du groupe.

Avant de mettre les peaux, nous devons prendre un téléski ; pour y accéder nous voilà confrontés à une piste verglacée. Une petite pensée pour notre cuisinière en herbe pour qui malheureusement ici la route s’arrête. Ah ! Verglas, quand tu nous tiens !!! J’ai à peine pu faire connaissance avec toi, mais je dois dire que ton excellent cake au chocolat, je m’en souviens bien et le groupe aussi.

Après une petite montée avec une magnifique vue sur le Pigne d’Arolla, nous arrivons à ce fameux Pas de Chèvre. Ce n’est pas sans une certaine appréhension que je me suis avancée vers l’échelle. Mais comme dirait Pierrot (notre chef de course) : « t’es déjà montée sur une échelle ? Bon, ben alors là, c’est pareil !!! » En fait l’échelle c’est effectivement presque une partie de plaisir à côté de la neige dure qui nous attend à l’arrivée de celle-ci. Tout d’un coup un acte aussi instinctif que la marche devient un acte réflexif. « Bon alors est-ce que je mets mon pied là, ou alors ici ? Est-ce que je me mets face à la pente ou de dos ? Et qu’est-ce que je fais de mes mains ? Dois-je prendre le piolet ou les bâtons ? Pierrot, Roland, Pierre… Au secours ! C’est là que je suis contente de trouver des bras musclés sur lesquels m’appuyer. La descente, vous l’avez compris, ne se fait pas sans peine. Quel soulagement d’arriver en terre ramollie et de retrouver sa mobilité de bipède. Je ne sais pas si c’est l’émotion, mais mon estomac crie famine. C’est dans une ambiance estivale que nous déballons nos casse-dalle. Enfin, sauf Silvette qui ne sait plus où est passé son pique-nique, mais je vous rassure, elle a encore toute sa tête.

Une longue ligne droite, une petite montée et nous voila à la Cabane des « Dix ». Je me demande bien d’où vient le nom de ce refuge… La cabane des « Cent » me semble une appellation plus appropriée. C’est fou le monde que nous pouvons rencontrer en montagne. Un petit bain de soleil, un excellent cake au chocolat parsemé de branches cailler fondantes, hmm…et hop, c’est l’heure de l’apéro. C’est dans l’ambiance chaleureuse de la cabane que je fais plus ample connaissance avec le groupe. Je découvre les parcours de chacun et la richesse de nos différences. Un moment d’échange fort sympathique agrémenté d’un excellent repas préparé par un gardien de cabane à l’humour caustique.

Oh toi citadin ! Sache qu’en montagne, « le temps n’a pas de port, n’a pas de rive, il coule » et nous nous couchons… Eh oui, à 21h, nous voilà tous dans nos sacs à viande. Je cherche le sommeil et j’espère vraiment m’endormir avant la douce mélodie des ronflements qui ne me bercent pas du tout. Ma première nuit avec des boules Quies, quelle expérience ! Il faut savoir les manipuler pour que dans les oreilles, elles restent coincées. Bon gré mal gré, je dors tant bien que mal. Mon insomnie me fait toutefois profiter de la magnifique nuit étoilée et du calme olympien qui soudain règne sur cette terrasse, bondée quelques heures plus tôt.

5h30, allez tout le monde debout, assez ronflé ! Petit-déjeuner, attente aux toilettes et me voilà aux prises avec un baudrier indiscipliné. Enfin dehors, je constate qu’on m’attend… Zut ! Moi qui pensais que Silvette était toujours aux toilettes. Je saute sur mes skis et hop, c’est parti ! Nous affrontons un changement climatique, un choc thermique même ! Après une après-midi digne de la Côte d’Azur, le thermomètre de Pierrot affiche moins 15. Je crains les engelures aux cuisses. Quel dommage si je dois me faire amputer si jeune. Mais la montée me les réchauffe progressivement. Le soleil se lève, et le glacier aborde une teinte bleutée. Tout simplement magnifique ! De quoi nous faire oublier les efforts de l’ascension. La Serpentine tant redoutée par son passage escarpé, nous offre des conversions où nous oeuvrons avec agilité. Et hop, quelques pipis pour certains, une cigarette pour d’autres, et nous voilà au sommet du Pigne d’Arolla. On se fait la bise, en haut il y a une légère brise. On enlève nos peaux, on admire, et hop en route pour une longue descente. On se croirait presque sur une piste damée : comme je le disais précédemment, nous ne sommes pas seuls en montagne... Ce n’est pas grave, le début de la piste nous offre une neige excellente pour cette période printanière. Soudain le brouillard nous envahit, mais Pierrot ne perd pas le nord, prudemment nous poursuivons notre magnifique descente avec un petit raccourci, que j’appellerai ici « spécialité de la maison ». Les jambes commencent à se faire sentir et la pente se raidir. Sans perdre courage chacun fait ses virages. Quelques cailloux, un peu de glace et nous retrouvons nos voitures à la même place.


Merci Pierrot pour ta confiance et ton ouverture, sans toi jamais je n’aurais pu participer à cette magnifique aventure. Merci à toute l’équipe (Annie, Pierre, Lydia, Roland, Pierrot, François, Patrick, Sylvette, Udo, Geneviève, Sibylle et Anne je crois…) pour sa bienveillance, à présent à la section je me sens en confiance.

Patricia

Dernière mise à jour : ( 16-04-2010 )
 
< Précédent   Suivant >
    Accueil arrow Page principale arrow Pigne d'Arolla (3796 m), 10-11 avril 2010