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Ohlalah !Arolla !
Comme le soulignait Annie
devant l’hôtel Kurhaus en me voyant me démener avec ce « fichu »
piolet que j’essayais sans aucune logique d’accrocher sur mon sac
à dos : « pour toi, ce week-end est un peu celui des
« premières fois » !!! »
En effet, c’est mon
premier week-end avec la section la Dôle, ma première fois avec
piolet, crampons, baudrier, ma première descente en échelle du Pas
de Chèvre avec un sac d’une tonne au moins (non je n’exagère
pas), ma première rando à ski sur un glacier et ma première nuit
dans une cabane où il y a une centaine de personnes pour deux
toilettes seulement.
Et comme vous pouvez le
constater, le groupe, dans un élan de solidarité, m’a proposé
sans arrière-pensée d’écrire mon PREMIER compte-rendu de
randonnée.
Il est 7h30 Crans-Montana
s’éveille. Alors que les cantonniers ramassent les poubelles de la
veille, je monte dans le car avec les premiers rayons du soleil.
Sierre, Sion, les Haudères et je retrouve le groupe au restaurant de
la Cordée. Timidement je m’approche, je me présente, on m’offre
un croissant, je prends un café : ouf ! Ils ne m’ont pas
mangée. Je crois que je commence à être rassurée. Rapidement nous
montons dans les voitures en direction d’Arolla. Avec cette météo
favorable beaucoup de randonneurs se préparent, heureusement que
Pierre et Annie connaissent bien la région. Nous avons ainsi pu
trouver un parking avec encore des places libres. Avant de chausser
les skis, me voilà confrontée à un problème cornélien. Où
vais-je bien pouvoir mettre ces crampons, ce baudrier et ce piolet si
gentiment prêtés ? Et d’abord comment ça se met un piolet
sur un sac ? Très vite je bénéficie de la solidarité et de
la bienveillance du groupe.
Avant de mettre les
peaux, nous devons prendre un téléski ; pour y accéder nous
voilà confrontés à une piste verglacée. Une petite pensée pour
notre cuisinière en herbe pour qui malheureusement ici la route
s’arrête. Ah ! Verglas, quand tu nous tiens !!! J’ai à
peine pu faire connaissance avec toi, mais je dois dire que ton
excellent cake au chocolat, je m’en souviens bien et le groupe
aussi.
Après une petite montée
avec une magnifique vue sur le Pigne d’Arolla, nous arrivons à ce
fameux Pas de Chèvre. Ce n’est pas sans une certaine appréhension
que je me suis avancée vers l’échelle. Mais comme dirait Pierrot
(notre chef de course) : « t’es déjà montée sur une
échelle ? Bon, ben alors là, c’est pareil !!! »
En fait l’échelle c’est effectivement presque une partie de
plaisir à côté de la neige dure qui nous attend à l’arrivée de
celle-ci. Tout d’un coup un acte aussi instinctif que la marche
devient un acte réflexif. « Bon alors est-ce que je mets mon
pied là, ou alors ici ? Est-ce que je me mets face à la pente
ou de dos ? Et qu’est-ce que je fais de mes mains ?
Dois-je prendre le piolet ou les bâtons ? Pierrot, Roland,
Pierre… Au secours ! C’est là que je suis contente de
trouver des bras musclés sur lesquels m’appuyer. La descente, vous
l’avez compris, ne se fait pas sans peine. Quel soulagement
d’arriver en terre ramollie et de retrouver sa mobilité de bipède.
Je ne sais pas si c’est l’émotion, mais mon estomac crie famine.
C’est dans une ambiance estivale que nous déballons nos
casse-dalle. Enfin, sauf Silvette qui ne sait plus où est passé
son pique-nique, mais je vous rassure, elle a encore toute sa tête.
Une longue ligne droite,
une petite montée et nous voila à la Cabane des « Dix ».
Je me demande bien d’où vient le nom de ce refuge… La cabane des
« Cent » me semble une appellation plus appropriée.
C’est fou le monde que nous pouvons rencontrer en montagne. Un
petit bain de soleil, un excellent cake au chocolat parsemé de
branches cailler fondantes, hmm…et hop, c’est l’heure de
l’apéro. C’est dans l’ambiance chaleureuse de la cabane que je
fais plus ample connaissance avec le groupe. Je découvre les
parcours de chacun et la richesse de nos différences. Un moment
d’échange fort sympathique agrémenté d’un excellent repas
préparé par un gardien de cabane à l’humour caustique.
Oh toi citadin ! Sache
qu’en montagne, « le temps n’a pas de port, n’a pas de
rive, il coule » et nous nous couchons… Eh oui, à 21h, nous
voilà tous dans nos sacs à viande. Je cherche le sommeil et
j’espère vraiment m’endormir avant la douce mélodie des
ronflements qui ne me bercent pas du tout. Ma première nuit avec des
boules Quies, quelle expérience ! Il faut savoir les manipuler
pour que dans les oreilles, elles restent coincées. Bon gré mal
gré, je dors tant bien que mal. Mon insomnie me fait toutefois
profiter de la magnifique nuit étoilée et du calme olympien qui
soudain règne sur cette terrasse, bondée quelques heures plus tôt.
5h30, allez tout le monde
debout, assez ronflé ! Petit-déjeuner, attente aux toilettes
et me voilà aux prises avec un baudrier indiscipliné. Enfin dehors,
je constate qu’on m’attend… Zut ! Moi qui pensais que
Silvette était toujours aux toilettes. Je saute sur mes skis et hop,
c’est parti ! Nous affrontons un changement climatique, un choc
thermique même ! Après une après-midi digne de la Côte
d’Azur, le thermomètre de Pierrot affiche moins 15. Je crains les
engelures aux cuisses. Quel dommage si je dois me faire amputer si
jeune. Mais la montée me les réchauffe progressivement. Le soleil
se lève, et le glacier aborde une teinte bleutée. Tout simplement
magnifique ! De quoi nous faire oublier les efforts de
l’ascension. La Serpentine tant redoutée par son passage escarpé,
nous offre des conversions où nous oeuvrons avec agilité. Et hop,
quelques pipis pour certains, une cigarette pour d’autres, et nous
voilà au sommet du Pigne d’Arolla. On se fait la bise, en haut il
y a une légère brise. On enlève nos peaux, on admire, et hop en
route pour une longue descente. On se croirait presque sur une piste
damée : comme je le disais précédemment, nous ne sommes pas
seuls en montagne... Ce n’est pas grave, le début de la piste nous
offre une neige excellente pour cette période printanière. Soudain
le brouillard nous envahit, mais Pierrot ne perd pas le nord,
prudemment nous poursuivons notre magnifique descente avec un petit
raccourci, que j’appellerai ici « spécialité de la
maison ». Les jambes commencent à se faire sentir et la pente
se raidir. Sans perdre courage chacun fait ses virages. Quelques
cailloux, un peu de glace et nous retrouvons nos voitures à la même
place.
Merci Pierrot pour ta
confiance et ton ouverture, sans toi jamais je n’aurais pu
participer à cette magnifique aventure. Merci à toute l’équipe
(Annie, Pierre, Lydia, Roland, Pierrot, François, Patrick, Sylvette,
Udo, Geneviève, Sibylle et Anne je crois…) pour sa bienveillance,
à présent à la section je me sens en confiance.
Patricia
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